E-cigarette

La cigarette électronique fait débat !

Le communiqué de presse de l’Académie nationale de médecine en date du 06/12/2019sur la cigarette électronique s’en prend à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en lui attribuant des intentions qui ne sont pas les siennes. L’OMS, institution éminemment respectable, mesure avec grand soin ses déclarations en s’assurant qu’elles sont fondées sur des preuves et un consensus scientifique.

D’un côté, l’académie de Médecine présente la cigarette électronique comme une valeur sûre pour le sevrage tabagique et lance « un appel aux fumeurs » à ne pas hésiter à se lancer. De l’autre, l’OMS présente cette solution comme nocive et s’appuie sur de nombreux arguments :
Dans son rapport, WHO Report on the Global Tobacco Epidemic, 2019 – Offer help to quit tobacco, et plus précisément dans les factsheet en français, l’OMS explique : « les inhalateurs électroniques de nicotine ne sont pas sans danger mais sont généralement moins dangereux que les cigarettes » ou il faut « éviter que les non-fumeurs…ne se mettent à utiliser des inhalateurs électroniques ».
L’organisation indique aussi dans le rapport complet que les cigarettes électroniques sont moins toxiques que le tabac mais que les données sont insuffisantes pour chiffrer la diminution du risque associée à leur utilisation. Enfin, l’OMS recommande de n’utiliser la cigarette électronique que dans l’unique cas d’une aide à l’arrêt du tabac.

Dans son communiqué l’Académie de Médecine vante le succès de la cigarette électronique dans le sevrage tabagique en lui attribuant plus de 700.000 arrêts. Elle ne précise cependant pas que c’est 700.000 en 7 ans ni que le nombre de fumeurs n’a pas diminué pendant cette période.

L’académie de médecine semble avoir oublié que l’objectif de la lutte anti-tabac est de faire diminuer la prévalence tabagique, ce que le Programme National de Lutte contre le Tabac obtient de manière incontestable. Ainsi, après 18 mois de chutes régulières des ventes, et au lendemain de la 3éme étape du programme, les ventes de cigarettes du mois de novembre accusent 18,3% de chute. Ce plan aura permis de sauver des millions de vie en détournant définitivement des fumeurs du tabagisme. C’est bien là la véritable avancée !

La position de DNF a toujours été claire : Le vapotage est une excellente alternative pour le fumeur en démarche d’arrêt du tabac. Cette méthode, comme les autres, peut aider certains fumeurs à quitter définitivement le tabac. Néanmoins, nous avons toujours souhaité mettre en avant que ce produit n’était pas sans risque non plus comme certains souhaiteraient le décrire.

Non, nous ne souhaitons pas que les fumeurs restent dans leur tabagisme. Oui, nous souhaitons qu’ils soient pleinement informés des risques puisque l’on présente trop souvent la cigarette électronique sans danger. Le manque de recul, les études contradictoires laissent néanmoins apparaitre que même si la cigarette électronique est moins dangereuse que la cigarette traditionnelle, il faut rester prudent sur son utilisation à long terme.
De plus, nous ne souhaitons pas qu’il soit autorisé de vapoter dans les lieux où il est interdit de fumer. Cette interdiction est bien perçue par le grand public avec, 66.9 % des 18-75 ans favorable à une interdiction de vapoter dans les lieux où il est interdit de fumer (baromètre santé public France 2017) et il ne faut pas en douter, un vapoteur peut tout à fait entendre cet argument.

Alors que Novembre est désormais un mois consacré au Moi(s) Sans Tabac, nous restons perplexes face au « Mois de la Vape », organisé par l’industrie du tabac et porté par les buralistes pour contrer l’opération nationale. Quant au slogan d’une des marques : « Ne fumez pas moins, fumez mieux », cela nous laisse rêveurs !
Que penser aussi de la boutique éphémère de cigarettes électroniques dans le hall principal de la Gare de Lyon avec pour message : « Réservé aux fumeurs majeurs » ?

Comme le rappelle un communiqué de l’alliance contre le tabac, dont DNF est membre fondateur : « l’Académie nationale de médecine peut défendre la cigarette électronique comme une voie possible d’arrêt du tabac. » Mais, même s’il est justifié de rassurer les vapoteurs dans le contexte actuel, il est important de ne pas laisser croire à l’innocuité totale de la cigarette électronique ni à l’inexistence du vapotage passif. « En effet, c’est en fonction du rapport bénéfice/risque que doit être évaluée toute mesure de santé car aucun médicament, aucune mesure thérapeutique n’a un risque nul. »

Quand se rendra-t-on donc enfin compte que le ver qui est dans le fruit se nourrit de ce type de déclaration et que seul le tabac en sortira vainqueur?

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