Adolescents E-cigarette

E-Cigarettes : les autorités US ont-elles raison de s’inquiéter ?

Le 11 septembre dernier, Donald Trump déclarait vouloir interdire les cigarettes électroniques aromatisées : « Nous ne pouvons pas accepter que les gens tombent malades. Et nous ne pouvons pas accepter que cela touche nos enfants ». Cette déclaration fait suite à une enquête très médiatisée du Center for Disease Control and Prevention (CDC), qui révèle environ 400 cas d’une maladie mystérieuse due à la cigarette électronique. Les individus touchés présentent un syndrome de détresse respiratoire aiguë qui a déjà conduit 5 personnes à la mort.

Les premiers résultats de l’enquête pointent un dénominateur commun : les victimes ont toutes vapoté des e-liquides contenant du THC ou tetrahydrocannabinol, principe actif du cannabis ainsi que de l’huile de vitamine E. vaporisés à très haute température et inhalés, ces composants pourraient endommager les poumons et provoquer ainsi des symptômes similaires à ceux d’une pneumonie virale ou bactérienne grave. L’huile de cannabis n’est en théorie pas accessible sur le marché. Toutefois, les victimes ont pu détourner les cigarettes électroniques de leur usage et les utiliser pour inhaler cette substance.


Doit-on souhaiter une meilleure régulation du marché des cigarettes électroniques ? Aux Etats-Unis, les autorités réagissent fortement : la ville de San Francisco a interdit l’e-cigarette sur son territoire et le président D. Trump souhaite interdire la vente de cigarettes aromatisées. Si l’interdiction est radicale et nie le rôle important de la vapoteuse pour le sevrage tabagique, cet événement constitue une opportunité pour ouvrir un débat constructif sur l’e-cigarette. Il interroge notamment la nature de celle-ci : s’agit-il d’un bien de consommation courante ou d’un outil de réduction des risques visant au sevrage tabagique ?

Cette question semble d’autant plus opportune que les adolescents sont extrêmement tentés par le vapotage ainsi que par ses usages détournés. Nouvellement arrivée en France, la cigarette JUUL (mini cigarette avec système de cartouches aromatisées) séduit de très nombreux adolescents qui commencent à utiliser ce produit sans jamais avoir fumé (enquête EnCLASS, 2018). Le phénomène est tel que les autorités américaines se sont rapidement alarmées de l’explosion de la consommation chez les ados comme le souligne un rapport de la FDA : « Entre 2017 et 2018, l’utilisation de cigarettes électroniques par les jeunes a explosé aux États-Unis, passant de 12% à 21% des étudiants américains ».

Ces cigarettes très fortement dosées en nicotine rendent littéralement accro ces ados qui, dans les réseaux sociaux n’hésitent pas à être les meilleurs porte-paroles de la start-up (rachetée depuis par un grand fabricant). Les images publicitaires de JUUL ont rapidement investi une cible jeune et reposent sur une communication virale dans les réseaux sociaux grâce aux extensions de hashtags portées par de jeunes influenceurs rémunérés. Le design très bien fait, les cartouches au goût fruité, un prix accessible sont autant de raisons du succès grandissant de la JUUL auprès des ados.
Les détracteurs diront que ce sont des enfants qui seraient allés naturellement vers la cigarette. Nous pensons plutôt qu’en l’absence d’un marketing agressif des industriels de la vape, les jeunes ne se seraient pas tournés vers ces produits.
Selon l’enquête EnCLASS 2018, 9,8 % des lycéens ont expérimenté la vapoteuse sans avoir fumé de cigarette auparavant, alors qu’ils n’étaient que 3,7 % dans ce cas en 2015 (ce phénomène concerne 4,9 % des collégiens en 2018).

La dénormalisation de la cigarette passe donc aussi par la dénormalisation de la vapoteuse. Evitons que l’e-cigarette ne devienne la première étape vers l’addiction à la nicotine et protégeons les jeunes. « L’invention géniale de la vapoteuse ne doit pas être détournée de son objectif premier d’aide au sevrage des plus dépendants »

La lettre bimensuelle de DNF-ZeroTabac


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